TDAH ou brouillard cérébral de la ménopause : comment faire la différence ?

Vous entrez dans une pièce et oubliez pourquoi vous y êtes allée.

Vous relisez plusieurs fois le même paragraphe.

Vous perdez le fil d'une conversation.

Vous cherchez vos mots plus souvent qu'avant.

Vous avez l'impression que votre cerveau fonctionne au ralenti.

Alors une question apparaît :

« Est-ce un TDAH ? Ou simplement le brouillard cérébral de la périménopause ? »

La réponse n'est pas toujours évidente.

Les deux situations peuvent provoquer des difficultés d'attention, de mémoire et d'organisation. Pourtant, certains indices permettent de mieux comprendre ce qui se passe.

Qu'appelle-t-on le brouillard cérébral de la périménopause ?

Le brouillard cérébral n'est pas un diagnostic médical.

C'est un terme utilisé pour décrire un ensemble de symptômes cognitifs fréquemment rapportés pendant la périménopause et la ménopause :

  • difficultés de concentration ;

  • oublis plus fréquents ;

  • lenteur mentale ;

  • difficultés à trouver ses mots ;

  • sensation d'avoir « le cerveau dans le coton » ;

  • baisse de la capacité à gérer plusieurs tâches simultanément.

Ces difficultés peuvent être aggravées par d'autres symptômes fréquents de la transition hormonale :

  • troubles du sommeil ;

  • fatigue ;

  • anxiété ;

  • stress ;

  • bouffées de chaleur nocturnes.

Qu'est-ce qui caractérise le TDAH ?

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental.

Cela signifie qu'il est présent depuis l'enfance, même lorsqu'il n'a jamais été diagnostiqué.

Chez les femmes, il passe souvent inaperçu parce qu'il se manifeste moins par l'hyperactivité visible et davantage par :

  • une distraction chronique ;

  • des oublis fréquents depuis longtemps ;

  • des difficultés à s'organiser ;

  • une tendance à procrastiner ;

  • une sensation permanente de fonctionner dans l'urgence ;

  • des montagnes russes émotionnelles ;

  • une fatigue liée à l'effort constant de compensation.

Le point essentiel est le suivant :

Les difficultés ne commencent pas à la quarantaine.

Elles existent généralement depuis de nombreuses années, même si elles étaient mieux compensées auparavant.

Une question utile : depuis quand ces difficultés sont-elles présentes ?

Lorsque les troubles apparaissent brutalement autour de la périménopause chez une personne qui n'avait jamais rencontré ce type de difficultés auparavant, une origine hormonale est plus probable.

À l'inverse, si vous vous dites :

  • « J'ai toujours été distraite » ;

  • « J'ai toujours perdu mes affaires » ;

  • « J'ai toujours travaillé au dernier moment » ;

  • « Je me suis toujours sentie débordée malgré mes efforts » ;

alors l'hypothèse d'un TDAH mérite d'être explorée.

Les signes qui orientent davantage vers la périménopause

Les difficultés cognitives sont apparues ou se sont nettement aggravées après 40 ans.

Elles s'accompagnent souvent :

  • d'irrégularités du cycle ;

  • de bouffées de chaleur ;

  • de troubles du sommeil ;

  • de sueurs nocturnes ;

  • d'autres symptômes hormonaux.

Vous avez le sentiment qu'une partie importante du problème est apparue relativement récemment.

Les signes qui orientent davantage vers un TDAH

Lorsque vous regardez votre parcours dans son ensemble, vous retrouvez :

  • des difficultés d'attention dès l'école ;

  • une tendance à l'oubli depuis toujours ;

  • une désorganisation chronique ;

  • des difficultés à estimer le temps ;

  • des périodes de procrastination importantes ;

  • un besoin constant de compenser.

Vous reconnaissez également certains schémas chez d'autres membres de votre famille.

Et si c'était les deux ?

C'est souvent là que les choses deviennent intéressantes.

De nombreuses femmes découvrent leur TDAH pendant la périménopause.

Non pas parce que le TDAH apparaît soudainement.

Mais parce que les fluctuations hormonales rendent les stratégies de compensation moins efficaces.

Pendant des années, vous avez peut-être réussi à tenir grâce à votre motivation, votre intelligence, votre sens des responsabilités ou votre perfectionnisme.

Lorsque les ressources cognitives diminuent, cet équilibre devient plus fragile.

Le TDAH, jusque-là discret, devient alors beaucoup plus visible.

Quand consulter ?

Il peut être utile de demander un avis médical si :

  • les difficultés perturbent votre vie quotidienne ;

  • elles affectent votre travail ;

  • elles provoquent une souffrance importante ;

  • vous suspectez un TDAH non diagnostiqué ;

  • vous vous interrogez sur l'impact de la périménopause.

L'objectif n'est pas forcément d'obtenir une étiquette.

L'objectif est de comprendre ce qui contribue à vos difficultés afin d'identifier les solutions les plus adaptées.

La bonne question n'est peut-être pas « lequel des deux ? »

Face aux difficultés cognitives de la quarantaine, beaucoup de femmes cherchent à déterminer s'il s'agit du TDAH ou de la ménopause.

Mais la réalité est souvent moins binaire.

Le brouillard cérébral de la périménopause peut exister sans TDAH.

Le TDAH peut exister sans périménopause.

Et les deux peuvent aussi se renforcer mutuellement.

Plutôt que de chercher immédiatement une réponse définitive, il peut être plus utile d'observer votre histoire, vos symptômes et leur évolution dans le temps.

C'est souvent là que les premières pistes apparaissent.